La prévention à l'ALS : Les Migrants
Chaque année, les rapports de l’Institut national de Veille Sanitaire mettent en évidence des caractéristiques particulières pour les étrangers atteints par le Sida, notamment leur moindre recours au dépistage et à une prise en charge de la séropositivité.
Malgré la mise en place (tardive) de programmes d’information et de prévention auprès des populations étrangères, ces tendances restent toujours d’actualité, voire sont en augmentation, particulièrement pour les populations d’Afrique sub-saharienne.
Ces données nous rappellent la nécessité de s’adresser à cette population par des canaux d’information et de prévention adaptés.
Objectifs généraux
Mieux communiquer avec les migrants sur les IST, le VIH et les Hépatites dans le respect de leurs propres cultures.
Objectifs opérationnels
• Animer des séances d’information auprès des migrants sur le VIH/Sida, les IST et les moyens de prévention.
• Impliquer les relais sanitaires et sociaux de quartiers.
• Sensibiliser et former les personnels d’intervention sociale dans les foyers à la question de la médiation entre les résidents et les structures de prévention de dépistage et de soins.
• Développer des relais à l’intérieur des foyers pour maintenir une capacité d’écoute des besoins des résidents autour de la problématique du Sida.
• Encourager le recours au réseau sanitaire et social disponible comme les centres de dépistage et les lieux de prise en charge.
L’aventure du programme
d’information et de prévention dans les foyers de l’agglomération lyonnaise a commencé durant l’été 1994 après une rencontre entre Omar Hallouche, Anthropologue, et Geneviève
Retornaz, Présidente de l’ALS.
Sans le soutien de l’ALS mais aussi l’engagement des personnes qui m’ont accompagné depuis 11 ans avec fidélité et compétence ce travail n’aurait jamais pu se faire. Aujourd’hui, les «20 ans de l’ALS» sont l’occasion pour nous de mesurer le chemin parcouru et celui qui reste à faire.
Le projet d’information et de prévention du sida dans les foyers Sonacotra et Aralis est né suite à un constat fait par une équipe de praticiens de l’hôpital Edouard Herriot dès 1989. Des patients maghrébins de plus de 50 ans étaient dépistés séropositifs, souvent à l’occasion de complications de l’infection par le virus du Sida.
Les praticiens étaient frappés par la méconnaissance et le déni de la maladie chez ces hommes. Ces «pères à distance» vivaient seuls depuis de nombreuses années loin de leurs familles restées au pays.
Ils cumulaient précarité sociale, obstacles à l’information (notamment par la non-maîtrise de la langue française) mais aussi isolement affectif et sexuel. Nous savons aujourd’hui que ces facteurs marginalisent les personnes et aggravent leur vulnérabilité face au Sida mais aussi à d’autres pathologies. L’ALS a été, il faut le noter, parmi les pionniers en matière de prévention auprès de ce public.
Nos objectifs étaient pragmatiques et réalistes : aller sur le terrain pour apporter l’information sur le thème du Sida, contrecarrer les rumeurs, lutter contre le déni de la maladie, encourager les démarches de dépistage. Notre stratégie et notre protocole sont basés sur l’oralité, le bilinguisme, le respect de l’histoire des résidents, de leurs valeurs et de leurs croyances. Nous avons réalisé plus de 200 séances d’information et de prévention dans 50 foyers Sonacotra et Aralis.
Ces séances ont touché plus de 4 000 hommes de différentes origines (80% de Maghrébins, 20% de personnes d’autres origines (française, africaine, turque, asiatique).
Ces expériences nous ont permis de tisser des liens forts, à la fois avec les gestionnaires des foyers, les intervenants sociaux mais aussi les résidents et un réseau de professionnels médico-sociaux agissant dans le champ de la lutte contre le VIH et les IST (CIDAG, CDHS).
Nous avons également mis en place en partenariat avec l’association Entr’aids un programme intitulé «passerelle» entre des personnes séropositives vivant en foyer et les différentes institutions assurant leur prise en charge en matière de soins.
Cette action a permis de lever certains obstacles à la communication et d’apporter une aide adaptée à ces personnes et à leur environnement.
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Aujourd’hui, les «20 ans de l’ALS» sont l’occasion de mesurer le chemin parcouru et celui qui reste à faire. La lutte contre le Sida est loin d’être terminée. Malgré les avancées, les attitudes et pratiques évoluent très lentement.
Les comportements sexuels à risque persistent.
Les préjugés et la discrimination des
personnes vivant avec le VIH aussi. L’enjeu et le pari de l’avenir sont d’inscrire cette dernière dans une vision globale de la santé où la personne, quelle que soit son origine, est au centre des préoccupations.
Omar Hallouche
Responsable du programme migrants |
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Nous avons également élargi notre travail d’information et de prévention auprès des pères et des mères d’origine maghrébine vivant en famille dans les communes de Vaulx en Velin et de Bron. Notre objectif est de lever le tabou du Sida au sein des familles.
Cette action est relayée à la fois par les personnes que nous avons formées au sein des associations partenaires (ASSFAM, AFBP) mais aussi par les radios communautaires avec lesquelles nous avons travaillé de manière régulière (radio Pluriel, radio Trait d’Union, radio Salam, radio Beur, radio Orient).
Nous avons participé à la création du pôle migrant réunissant de nombreux acteurs institutionnels et associatifs lyonnais.
Ce réseau informel actif depuis plus de 8 ans à Lyon nous a permis de nous nourrir d’échanges autour de nos actions, de nos outils et de nos protocoles.
Nous partageons cette expérience avec d’autres pôles, à Paris (CRIPS, GRDR, Migration santé), à Marseille mais aussi en Europe dans le cadre d’échanges entre acteurs européens (Bruxelles, Driebergen, Londres, Barcelone, Lisbonne).
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